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La dénomination au Québec ancien
Ces habitudes ont joué en faveur de la généalogie québécoise puisqu'elles facilitent l'identification nominative des personnes. Mais celle-ci se heurte néanmoins à des problèmes pratiques. En effet, l'orthographe n'était pas fixée, et les noms et prénoms pouvaient être écrits de plusieurs façons différentes. Si les prénoms se reconnaissent généralement assez facilement, ce n'est fréquemment pas le cas pour les noms. Le dépouillement de manuscrits anciens pose des difficultés de lecture, plusieurs lettres pouvant être confondues, problème d'autant plus redoutable que plusieurs noms se ressemblent Boucher et Baucher, par exemple. La majorité des gens étaient illettrés, et leurs noms nous parviennent ainsi par l'entremise d'un intermédiaire et donc soumis aux aléas des prononciations, accents régionaux, etc. S'ajoutent enfin les inévitables fautes de frappe au moment de la saisie informatique. On ne s'étonne alors pas qu'un nom est susceptible, sinon d'être confondu avec un autre, du moins d'être écrit de nombreuses façons. C'est pourquoi les noms au PRDH sont soumis à une standardisation, c'est-à-dire que chaque nom est représenté sous une forme standard qui regroupe toutes les variations rencontrées pour ce nom dans les documents. Ainsi, le nom Charbonneau est reconnu sous 55 différentes graphies, couvrant variations usuelles Charbono, Charbonnau, etc. et erreurs de toutes sortes Charbonnauu, Cherbonau, etc. Vous pouvez prendre connaissance des graphies associées à chaque nom et de la fréquence de chacune dans les quelque 700 000 actes de la base du PRDH. Un autre problème de dénomination concerne l'utilisation de surnoms. Ceux-ci abondent dans l'histoire nominative du Québec ancien. Leurs origines sont multiples: surnom militaire, sobriquet lié à une caractéristique physique, lieu d'origine de l'immigrant, noms de fiefs chez les nobles, nom de la mère, prénom du père, etc. Certains remontent à l'ancêtre, d'autres sont introduits par des descendants; certains se transmettent, d'autres pas; certains sont propres à l'ensemble d'une lignée, d'autres ne concernent qu'un sous-ensemble. Bref, on est en présence d'un véritable salmigondis. Du point de vue pratique, il en résulte qu'un individu peut être désigné par un surnom à peu près n'importe quand, sans qu'il soit possible d'énoncer des règles permettant de le prévoir. C'est pourquoi nous avons préparé, à titre informatif, la liste de toutes les associations nom-surnom rencontrées dans les documents antérieurs à 1800. La liste ne tient pas compte de l'ordre du nom et du surnom dans l'acte, la distinction nom-surnom étant souvent imprécise. Ainsi, l'association entre Gauthier et Larouche apparaîtra dans la liste à Gauthier et à Larouche, avec la même fréquence, qui regroupe toutes les occurrences de Gauthier dit Larouche et Larouche dit Gauthier. La fréquence est évidemment l'élément clé qui permet de différencier les associations dont il faut tenir compte de celles qui résultent de raretés ou d'erreurs. Si on exclut les rédacteurs d'acte, l'association entre Hudon et Beaulieu est la plus fréquente, avec 1474 occurrences.
Outre une forte saveur religieuse, il résulte de ces règles une forte concentration des prénoms en Nouvelle-France. On y trouve, comme en France de l'Ancien Régime d'ailleurs, une prédominance de Jean et de Pierre chez les garçons et de Marie, Madeleine, Marguerite, Anne et Jeanne chez les filles. Jean-Baptiste et Joseph, cependant, sont plus fréquents dans la colonie; de même, l'engouement pour Marie est plus fort en Amérique alors que Jeanne l'est plus en France. Il est difficile de distinguer les véritables prénoms doubles ceux qui devraient s'écrire avec un trait d'union des prénoms juxtaposés, que l'on peut employer l'un sans l'autre. Au PRDH, on y a renoncé, et tous les prénoms ont été séparés en prénoms élémentaires. Ainsi, Jean-Baptiste est composé de deux prénoms au PRDH, Jean et Baptiste, et les recherches nominatives dans la base de données peuvent se faire indifféremment en fonction de l'un ou de l'autre. Voici, pour chaque sexe, la liste des trente prénoms les plus fréquents chez les quelque 400 000 baptisés avant 1800:
Vous désirez connaître la fréquence d'un prénom qui n'apparaît pas dans la liste? Inscrivez-le. Ou si vous voulez voir la liste complète.
Les Canadiens-français descendent d'un nombre relativement faible d'immigrants. Par surcroît, plusieurs étaient homonymes. Il en résulte que le nombre de patronymes québécois francophones aujourd'hui est très petit par rapport à la France: quelques milliers ici, des centaines de milliers en France. Tout s'est joué dans les premiers siècles de peuplement. La distribution des patronymes de baptisés les plus fréquents avant 1800 montre que 37 patronymes comptent plus de 1000 baptisés, 150 plus de 500 et 962 plus de 100. Les quinze noms les plus fréquents regroupent plus de 28 000 individus, et 1 400 noms à peine suffisent pour couvrir près de 95% de tous les individus nés dans la colonie avant 1800. Le tableau suivant donne la liste des cinquante noms les plus fréquents; on trouve en haut de la liste, sans surprise, les noms correspondant aux premiers immigrants ou aux souches homonymes les plus fréquentes:
Il y a un nom dont vous aimeriez connaître la fréquence et le rang
chez les baptisés des XVIIe et XVIIIe siècles? | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||